L’ORIGINE DE L’ECOLE
Le mot de la présidente
Lorsque j’ai commencé à exercer, je me suis naturellement tournée vers les outils que l’on m’avait transmis.
Je les expérimentais, je les adaptais, j’observais leurs effets. Certains produisaient de véritables transformations. D’autres semblaient apporter un mieux-être, mais, avec le temps, les mêmes difficultés revenaient, parfois sous une autre forme.
Très vite, une question est devenue le fil conducteur de ma pratique :
Qu’est-ce qui permet à un être humain de retrouver un point d’appui suffisamment solide pour que sa vie cesse d’être gouvernée par ses mécanismes de survie ?
Pendant plus de vingt ans, cette question ne m’a jamais quittée.
Je n’ai pas cherché le meilleur outil. J’ai cherché à comprendre ce qui, derrière les outils, agissait véritablement et permettait à une personne de retrouver un appui intérieur à partir duquel elle pouvait avancer autrement dans sa vie.
Cette recherche m’a conduite à accompagner des centaines de personnes.
Le mot clinique vient du grec klinikê, qui désigne la médecine pratiquée auprès du lit, lui-même issu de klinê, qui signifie « lit » ou « couche ». À l’origine, la clinique désigne donc une pratique qui se construit auprès de la personne, dans la rencontre concrète, avant toute théorie.
C’est là que tout a commencé pour moi : au plus près des personnes, dans l’écoute de leur histoire, de leurs souffrances, de leurs ressources et de ce qui, malgré les blessures, continuait à chercher un chemin de vie.
Je ne suis pas partie d’une théorie pour tenter de l’appliquer aux personnes que j’accompagnais. Je suis partie de ce que j’observais dans la rencontre, de ce qui agissait, de ce qui résistait et de ce qui permettait parfois un véritable déplacement intérieur.
Au fil des années, j’ai confronté cette observation clinique aux apports de la psychologie analytique, de l’art-thérapie et de nombreuses traditions symboliques.
Peu à peu, une évidence s’est imposée : les outils changent, mais certaines lois qui organisent le vivant demeurent. Lorsqu’elles sont respectées, une transformation profonde devient possible. Lorsqu’elles ne le sont pas, le changement reste souvent de courte durée ou ne touche que la surface des choses.
Cette découverte m’a profondément rendue humble.
Au fil de mes recherches, j’ai compris que je n’étais pas en train d’inventer quelque chose de nouveau. Des femmes et des hommes, bien avant moi, avaient déjà observé ces mêmes mouvements du vivant. Les grandes traditions symboliques, la psychologie analytique, les récits fondateurs, les pratiques artistiques et bien d’autres approches encore en portaient chacune une part de compréhension.
Le Langage Symbolique est né de cette rencontre. Il ne cherche pas à remplacer ces héritages, mais à les mettre en dialogue, à faire apparaître ce qui les relie et à transmettre, dans une approche clinique contemporaine, les lois communes qu’ils révèlent.
C’est avec une profonde gratitude envers toutes celles et tous ceux qui ont ouvert ce chemin avant moi que cette école a vu le jour.
L’École du Langage Symbolique est née de cette recherche et du désir de la transmettre.
Parce qu’à mes yeux, former un thérapeute ne consiste pas seulement à lui apprendre des outils. C’est lui apprendre à observer, à relier, à penser la complexité humaine sans la réduire et à reconnaître ce qui favorise une transformation véritable.
Les outils ont leur importance. Ils sont précieux. Mais ils ne prennent pleinement leur sens que lorsqu’ils s’appuient sur une compréhension profonde des lois qui organisent le vivant.
C’est cette compréhension que nous cherchons à transmettre au sein de l’École.
Si vous choisissez de nous rejoindre, j’espère que vous y trouverez bien davantage qu’une formation : un espace de recherche, d’exigence, de réflexion et de pratique, où les connaissances se construisent au contact du réel et où l’éthique demeure le fil conducteur de chaque apprentissage.
Cette école ne demande pas des certitudes ni un parcours académique particulier. Elle demande avant tout une réelle implication, le désir de comprendre et la disponibilité pour se laisser transformer par ce que l’on découvre.
Je serai heureuse de vous y accueillir.
Claudine Perraudin
Fondatrice de L’École du Langage Symbolique
Faire de l’éthique une pratique vivante.
